Catégorie « Coup de gueule »

De la politique de signature des extensions dans Firefox

Mozilla, le Parti Socialiste du logiciel ?

La semaine passée, les utilisateurs de Firefox ont dû faire face à une désactivation de l’ensemble des extensions du navigateur (enfin presque, chez moi 5 sont restées, allez savoir pourquoi). Mozilla a fourni rapidement des solutions de contournement et travaillé à résoudre le problème (plus de détails ici) et je n’ai rien à redire là dessus.

Par contre ça révèle selon moi un gros problème de fond.

Je ne vais pas m’étendre sur la partie concernant le mécanisme d’« études » dont j’avais oublié l’existence et qui était finalement le seul moyen de contournement trouvé sur un Firefox standard : ce mécanisme permet à Mozilla d’installer silencieusement des trucs sur le navigateur et est fort heureusement désactivé par défaut… même si ça laisse songeur sur les potentielles failles de sécurité ouvertes par ce canal.

Non, ce qui me pose vraiment problème c’est cette gestion de la signature des modules. Non pas que le fait de signer les modules soit un problème en soi. C’est une réponse tout à fait valable à des attaques via des extensions malveillantes. Mais plutôt la manière dont c’est mis en œuvre.

En effet, cet épisode révèle que :

  • la vérification de la signature des modules est désactivable sur environ toutes les versions sauf la version grand public (donc sur ESR, Developer edition, Nightly) via la clé xpinstall.signatures.required (et extensions.langpacks.signatures.require pour les paquetages linguistiques), cf la documentation pour plus d’informations
  • les signatures des modules sont revérifiées une fois par jour (cf l’article technique évoqué plus haut) et si la vérification échoue, l’extension est désactivée d’autorité (et silencieusement je crois bien mais je ne suis plus certain de ce point, il y avait peut-être un petit message dans un coin)

Ces deux points sont pour moi hautement problématiques pour des raisons plutôt bien résumées dans les pouets suivants :

Sinon imaginez Linux avec le même genre de conception ?

Le certificat du dépôt expire, et tous les paquets sont invalidés et votre OS cesse de fonctionner ?

C'est pas juste une bourde, c'est une énorme connerie dès la conception. Une énorme FBI (Fausse Bonne Idée).

Mais c'est pour notre bien, c'est pour notre sécurité. Meh.

Non la pillule n'arrive pas à passer.

— sebsauvage (@sebsauvage@framapiaf.org) le 10 mai 2019 à 19:46

Le problème, c'est que Mozilla commence à faire comme Google : faire les choix à la place de l'utilisateur "pour son bien", non seulement en ne lui proposant pas de choisir, mais en allant jusqu'à rendre la désactivation de l'option IMPOSSIBLE.

À partir de quand c'est une bonne idée ?

Comme on peut considérer ça comme respectueux de l'utilisateur ?

— sebsauvage (@sebsauvage@framapiaf.org) le 10 mai 2019 à 20:12

Que les options par défaut protègent l'utilisateur OK, mais pourquoi empêcher les utilisateurs avancés de modifier l'option ?

— sebsauvage (@sebsauvage@framapiaf.org) le 10 mai 2019 à 20:41

On est là au cœur du problème : Mozilla a mis en place un système de signature des extensions pour protéger contre les extensions malveillantes (et c’est très bien) mais de telle manière que l’utilisateur n’ait aucune manière de contourner le système s’il le souhaite. Mozilla décide et l’utilisateur subit “pour son bien”.

Dans les versions du logiciel destinées à un publique technique ou professionnel on permet de désactiver le système mais pour le grand public, non. Quand je dis que c’est désactivable, on parle bien d’une configuration perdue dans about:config, donc un truc que l’utilisateur lambda n’a aucune chance de toucher par erreur (puisque les extensions ne le peuvent plus). Un truc déjà réservé à des utilisateurs avancés (ceux qui ont passé le message anxiogène et fait l’effort de trouver la clé à modifier). Donc pourquoi l’interdire sur la version grand public ?

Message anxiogène avant d'accéder à about:config
Message anxiogène avant d'accéder à `about:config`

Le second point relève de la même logique : on valide tous les jours et en cas d’échec on désactive. Sur le papier ça peut se tenir comme comportement par défaut mais une fois de plus c’est décider à la place de l’utilisateur.

Comment on peut considérer que faire tout d’autorité sans à aucun moment donner la main à l’utilisateur peut être une bonne idée ? Parce que virer les extensions ça veut dire casser des fonctionnalités (ce qui peut être un gros problème) mais surtout se balader à poil (vu le peu d’outils natifs de protection contre les traqueurs).

Le minimum aurait été de proposer un bouton permettant de réactiver l’extension (après moult messages anxiogènes si on veut) mais un truc qui permette de continuer à utiliser convenablement son navigateur même si un truc s’est mal passé.

Pour moi tout ça est assez symptomatique de la dérive de Mozilla ces dernières années qui se comporte de plus en plus comme un Google ou un Apple : je sais mieux que vous ce qu’il faut faire donc pour votre sécurité je vais décider à votre place.

Je suis désolé mais pour moi c’est très loin de l’idéal des logiciels libres. Mais vraiment très loin. C’est infantiliser l’utilisateur en lui déniant le droit de faire des choix (certes il peut toujours patcher son navigateur et le recompiler, hein, mais outre le fait que ça nécessite déjà un gros bagage technique, avec la mode des cycles de développement courts c’est devenu excessivement laborieux).

Encore une fois je ne dis pas qu’il faut laisser faire les pire conneries en deux clics mais juste laisser des solutions de contournement, a fortiori quand elle existent (puisque la clé de configuration existe dans les autres versions, ça n’introduirait même pas de coût de maintenance supplémentaire).

Tout ça me renforce dans mon impression de plus en plus forte que Mozilla tend à s’apparenter à un Parti Socialiste du logiciel : on fait valoir de grand idéaux mais finalement on va au même endroit que les autres, juste un peu plus lentement. Et ça, ça me déprime fortement parce qu’on n’a pas des masses d’alternatives viables en matière de navigateurs libres.


Ce matin, je me suis dit que comme parmi mon groupe d'amis j'étais seul connecté Guild Wars 2, j'allais faire mes objectifs quotidiens JcJ. Là j'ai constaté que quelque chose avait changé sans figurer dans les notes de mises à jour (ou alors je l'ai raté) : on ne peut plus choisir quelle équipe on rejoint lorsqu'on rejoint une partie. Sur le principe je comprends assez bien qu'il s'agit d'empêcher le joueur qui rejoint la partie de se mettre dans l'équipe qui a le plus de points, la renforçant du coup et creusant l'écart, ce qui semblerait assez raisonnable. Sauf que du coup ça rend encore plus saillant un gros vice de conception sur lequel je pensais écrire un article depuis un moment, sans prendre le temps de le faire : un gros foirage dans l'utilisation des couleurs.

Comme dans beaucoup de jeux vidéos, des codes couleurs permettent de différencier les alliés des ennemis. En l'occurrence, tout ce qui est allié est indiqué dans une nuance de vert ou bleu et ce qui est ennemi en rouge (plus du blanc ou jaune pour les non-hostiles mais attaquables). Tout ça marche très bien lorsqu'on joue en JcE où tout est clair dans l'ensemble. Par contre ça se corse grandement quand on passe en JcJ. Dans ce dernier mode, deux équipes de joueurs s'affrontent avec divers objectifs, chaque équipe étant identifiée par une couleur. Et fort logiquement, ces couleurs sont... le bleu et le rouge !

Normal me direz vous, comme ça c'est cohérent avec le reste. Oui mais non. Parce que le bleu identifie l'une des équipes mais pas forcément la votre. Vous pouvez très bien vous retrouver dans l'équipe rouge. En principe, à ce stade vous devriez commencer à saisir le problème mais pour bien préciser les choses, voici ce que ça donne dans le cas de l'activité "Bagarre de barils" (où des barils de bière sont balancés périodiquement au milieu de la carte, l'équipe gagnante étant celle qui en aura rapporté le plus dans sa "base") :

Mélange des couleurs
Mélange des couleurs

Je ne sais pas pour vous mais quand je vois ça, j'ai toujours du mal à bien cerner ce qui représente mon équipe et ce qui représente l'équipe adverse...

J'ai beau tourner ça dans tous les sens, je n'arrive pas à comprendre comment ils en sont arrivés là. Parce qu'on ne parle pas d'un petit projet de fin d'étude, là, on parle d'un des MMORPG les plus joués du moment, vendu à plusieurs millions d'exemplaires, d'un jeu qui a pris des années à développer par une équipe conséquente, d'un jeu sorti depuis maintenant bientôt un an et demi et qui est régulièrement mis à jour.

Dans ces conditions il semble impensable qu'il n'y ait pas un jour un des membre de l'équipe qui ait lancé une phrase du style "Dites, je pense à un truc là, on aurait pas un problème avec les codes couleurs ?". Et franchement, j'aimerais vraiment savoir ce qu'ont bien pu répondre les autres pour qu'au final la décision soit prise de laisser les choses en l'état. Parce que là, je dis chapeau, justifier un truc aussi absurde, c'est une belle performance !

Et en attendant je vais arrêter de jouer en JcJ parce qu'autant avant je faisais en sorte de toujours être dans l'équipe bleue histoire d'avoir un truc cohérent, autant là vu qu'on peut plus choisir...

EDIT 21/12/2013 : Bon apparemment la suppression du choix de l'équipe ne devait être qu'un bug, parce qu'il a été rétabli depuis... Donc ça redevient jouable. Mais ça ne change rien au problème initial des codes couleur !


Pourquoi je vais voter "non" au "référendum" alsacien d'aujourd'hui ?

Je ne parle pas souvent de politique mais là j'ai des choses à dire, alors allons-y. Je ne suis pas spécialiste mais après tout les journalistes et politiciens qui monopolisent la parole publique sont rarement des spécialistes des sujets dont ils parlent, donc c'est que ça ne doit pas être un problème :)

Donc de quoi cause-t-on ?

Eh bien simplement du fait qu'aujourd'hui les alsaciens doivent se prononcer sur une fusion de son conseil régional et de ses deux conseil généraux. Ayant un jour vu une affiche qui en parlait, j'avais un avis a priori positif puisque ça laissait penser à une simplification. Et je suis en règle générale pour la simplification. Mais je ne m'étais pas plus renseigné que ça sur le sujet.

Sauf que hier j'ai fini par avoir l'enveloppe avec les bulletins et ce que faute de meilleur qualificatif j'appellerai un tract marketing pour le oui, tant il est totalement orienté. Et là d'un coup je suis vachement moins pour.

Page 1 Page 2 Page 3 Page 4

Déjà purement sur la logistique, j'ai eu l'enveloppe en double (idem pour mes frère, sœur et parents), donc côté économies on repassera. Espérons que le cafouillage soit bien localisé à notre quartier et pas à toute l'Alsace, ça ferait tache pour un projet censé faire réaliser des économies. Ensuite, l'ensemble est emballé dans un film plastique plutôt qu'une enveloppe en papier (et donc recyclable), donc non seulement c'est mauvais pour l'écologie mais en plus il faut que j'ouvre aussi l'enveloppe en doublon pour pouvoir pouvoir jeter d'un côté l'enveloppe et de l'autre le contenu. Donc déjà ça part mal. Mais passons maintenant au contenu, vous allez voir, on va rigoler !

Donc d'abord sur la forme

En première page on a en petit en haut : "République Française" puis "Conseil régional d'Alsace - Conseil général du Bas-Rhin - Conseil général du Haut-Rhin". Ensuite on a la description de ce pour quoi on est appelé à voter : la fusion des trois institutions citée plus haut (les trois dernières, hein, la République Française elle reste où elle est). Suivent trois pages de blablas descriptifs.

Dans ces trois pages de blabla on a plein de "nous", qu'on supposera faute de mieux représenter les trois institutions citées plus haut (là encore je soupçonne que la République Française ne soit pas trop impliquée... même si ce n'est pas explicitement dit). Je ne sais pas pour vous mais moi quelqu'un qui me présente un projet sans préciser clairement qui il est, ça m'inspire modérément confiance.

Ensuite le ou les rédacteurs n'ont apparemment pas réussi à se mettre d'accord sur le temps à utiliser vu que d'un paragraphe à l'autre on saute du conditionnel au futur avec même quelques miettes de présent ici ou là. Donc côté cohérence on repassera. C'est bien brouillon.

On a aussi droit à un beau schéma expliquant la simplification institutionnelle qui est plutôt convaincant... tant qu'on n'a pas lu le texte puisque dans le texte on nous parle de plein d'autres entités crées pour l'occasion. Du coup la simplification parait déjà nettement moins évidente. Soit c'est très mal expliqué, soit c'est un gros ratage de ce côté là.

Passons un peu plus sur le fond

Dès le premier paragraphe on apprend qu'en fait là notre vote est juste consultatif puisque ça doit ensuite être confirmé par le parlement. D'un côté ça a le mérite d'être plus clair que pour la "constitution" européenne en 2005 qui a finalement été appliquée malgré le "non" mais sans préciser avant qu'on votait juste pour faire joli. Bon du coup on sait à l'avance qu'on est pris pour des cons, c'est déjà ça.

Ensuite un paragraphe qui parle de simplification. On ne peut qu'être d'accord sur le constat que c'est trop complexe. Et si on n'avait pas la suite, on pourrait même y croire.

Suit un paragraphe sur les économies et le gain d'efficacités. Pour moi c'est déjà une conséquence immédiate de la simplification en principe mais bon pourquoi pas. Sauf qu'à peine le titre passé, on tombe sur une énormité : "La future Collectivité est aussi une réponse à la crise". Et là on se dit tout naturellement "WTF !?". Un crise normalement, par définition c'est un état transitoire, donc modifier les institutions pour ça semble un poil bizarre mais surtout c'est une crise mondiale liée principalement au secteur financier même si elle a des répercussions sur un peu tout le reste. Du coup en quoi un changement institutionnel local peut-il y changer quoique ce soit ? Rassurez-vous, à la lecture du reste du paragraphe, le mystère reste entier puisqu'il ne fait que juste dire que ce sera plus efficace et donc moins cher (ben ouais c'est ce que je disais, quand on simplifie c'est souvent plus efficace). La mention de la crise n'était bien là que pour des raisons marketing, parce qu'un communicant a dû se dire qu'il fallait bien la caser quelque part si on voulait être tendance.

Enfin on termine cette introduction par un dernier paragraphe disant que ça renforcera l'Alsace "par une décentralisation plus aboutie et exemplaire dans le pays". Eh ben. Carrément. Je sais pas si ce sera exemplaire mais en tous cas j'espère que ce tract ne servira pas d'exemple. Le reste du paragraphe est tout aussi creux avec les habituels renforcements de dynamique et autres agissements de proximité qui sont annoncé par environ 99% des projets quels qu'ils soient. Donc pas du tout de langue de bois, hein.

Maintenant on passe au descriptif plus détaillé

Point 1 : Une nouvelle collectivité qui en remplace trois

Donc on remplace trois assemblées par une assemblée unique (Ok, c'est bien ce qui était dit dans le titre)... qui élira un conseil exécutif (ah, donc elle est pas si unique en fait). Et à cela s'ajoute une Assemblée consultative (donc comme d'hab' j'imagine : un truc qui pondra des rapports qui seront suivis quand ils vont dans le sens des élus et rangés sous la pile sinon) : le "Conseil économique, social, environnemental région Alsace" (sans doute le CESER du schéma du coup parce qu'avec un nom aussi long, forcément on passe par un sigle, c'est plus transparent et plus clair pour tout le monde).

On apprend aussi dans ce paragraphe que cette nouvelle instance unique (mais avec deux têtes et un petit chien) aura donc les compétences des trois instances existantes mais aussi des nouvelles, transférées par l'État (on n'en sait pas plus pour l'instant, il faut attendre le point 4). Mais aussi en passant que "des instances de concertation entre la Collectivité Territoriale d'Alsace et les agglomération, les EPCI (NDM : connais pas, mais joli sigle) et les communes permettront une bonne articulation entre la nouvelle collectivité et son environnement institutionnel". Donc en fait non seulement on a deux têtes et un chien mais aussi quelques pigeons voyageurs (ou des corbeaux pour les fans du Trône de Fer :)). Mais si c'est simple puisqu'on vous le dit !

Point 2 : Un mode d'élection équilibré entre scrutin majoritaire et proportionnel

Là aussi c'est "simple" puisque les élus seront élus de deux façons différentes. Une partie au scrutin majoritaire dans le cadre des cantons et l'autres à la représentation proportionnelle dans le cadres de la circonscription électorale régionale (accessoirement on garantira la parité homme/femme... soit). Mais donc on a quoi ? Une seule élection où on vote de deux manières en même temps ? Deux élections distinctes pour pas perdre nos habitudes ? Mystère. Donc une fois de plus, ça se confirme : on simplifie tout et on rend les choses plus lisibles !

Enfin on apprend que le nombre d'élus diminuerait de 10 à 20%. Eh oui : on passe de 3 assemblées à une seule mais on ne réduit que de 10 à 20% les effectifs. Parce que bon, on veut faire des économies mais pas trop quand même, faut pas déconner.

Point 3 : Une seule assemblée

Oui ça a l'air redondant comme ça mais pas du tout vous verrez, puisqu'on introduit encore plein d'entités en plus ! :tourni:

On apprend donc que l'assemblée élira son président (ok, on s'y attendait un peu), son Bureau (soit) mais aussi une "commission permanente". Cette dernière est étonnamment absente du schéma dans la partie rouge qui représente le résultat souhaité alors qu'elle est présente dans la partie grise représentant les institutions actuelles pour chacune des 3 institutions existantes. Donc là c'est une bonne petite séance d’enfumage de derrière les fagots : on fait gonfler l'existant en omettant plein de choses dans ce qu'on veut mettre en œuvre et on dit "vous voyez bien que c'est plus simple !".

Point 4 : De nouvelles compétences

Eh oui il est enfin temps d'en savoir plus sur ces nouvelles compétences annoncées au point 1 ! Y a pas à dire, ils savent faire durer le suspense :tourni: Donc on commence par rappeler qu'elle reprend les compétences de ses trois ancêtres (Ok, vous l'avez déjà dit #PreviouslyInThisTract). Puis qu'elle en aura d'autres dans le cadre de l'acte 3 de la décentralisation (on le dit pas mais en fait ça reste hypothétique vu que cet acte 3 n'est pas encore décidé et si ça se fait, ce sera avec ou sans fusion... et donc on utilise le futur cette fois #Logique). Et enfin qu'elle en aura encore d'autres (à moins que ce ne soient justement celles de l'acte 3 qui n'ont pas été détaillées ?) dont je vous passe la liste (la on repasse au conditionnel, donc j'en déduis que c'est encore moins sûr) et qu'elle pourra le cas échéant les déléguer aux communes et "établissements de coopération intercommunaux".

Bien sûr le transfert de responsabilités reçues de l'État s'accompagnera du transfert des moyens associés (#OnYCroit).

Point 5 : Une plus grande efficacité

Donc là un peu de blabla sur le fait que ce sera plus efficace et que même ce sera vachement mieux. Puis on nous dit qu'on "évitera toute centralisation régionnale, tout en respectant la fonction de capitale régionale et européenne de Strasbourg" puisqu'on "veillera à consolider la place institutionnelle de Colmar et renforcera le rôle de l’agglomération mulhousienne notamment par l'implantation de services de la Collectivité Territoriale". Donc tout sera plus simple avec une meilleure dynamique interne et une communication optimale... entre des services répartis sur trois villes \o/ Puisqu'on vous dit que ce sera mieux !

Point 6 : Une priorité de proximité

Là on nous annonce des "Conférences départementales, sans personnalité juridiques" (ben oui, si on veut encore faire comme si c'était plus simple, on peu plus en rajouter) qui seront composées de conseillers d'Alsace de chaque département et auront quand même un président (parce que faut pas déconner, comment on fait pour cumuler des mandats si on supprime des postes de président ?) qui s'occuperont de concertation, évaluation et propositions pour le Conseil Executif.

Et puisqu'il faut vraiment que tout soit simple, on ajoute encore des "Conseils de territoires de vie". Eux non plus n'auront pas de personnalité juridique pour faire comme si c'était simple (sinon, on aurait dû les mettre dans le schéma et d'un coup on aurait cassé notre effet).

Voilà voilà. On a fait le tour du contenu. Comme annoncé, tout est simple !

Donc partant de là, qu'est-ce que j'en conclus ?

Eh ben que :
1) C'est au moins aussi compliqué qu'avant
2) On ne fera pas tellement d'économies
3) On risque bien d'avoir toujours autant d’élections qu'avant
4) On nous prend pour des cons

Cela dit, l'ensemble ne m'étonne pas plus que ça.

D'une part ce sont apparemment des élus qui on conçu le machin (ou les fonctionnaires qui travaillent pour eux) et qu'ils ne risquaient pas de scier la branche sur laquelle ils sont assis en simplifiant trop. C'est comme ça quand il y a un conflit d'intérêt.

D'autre part, la forme de ce tract rappelle à quel point on n'est pas habitués à faire autre chose que de l'élection en terme de consultation citoyenne. Il y a quelques mois (l'été dernier je crois) j'étais tombé sur le site officiel d'une consultation des citoyens de Floride (il me semble que c'était bien la Floride) sur pas mal de points. Et bien on avait pour chaque point des argument en provenance des partisans ET des opposants à la mesure, ce qui permettait un peu de se faire une idée. Là on a un blabla marketing qui répète tout du long que ce sera mieux sans jamais laisser la parole aux opposants. Rien que pour ça j'aurais déjà eu envie de voter "non".

Et comme en plus l'ensemble n'est absolument pas convaincant alors même qu'il est exclusivement tourné vers les points forts, je n'ai finalement plus trop d'hésitation...

Donc moi je voterai "non".

Et félicitations à ceux qui auront lu jusqu'au bout :we:


Récupérer sa bibliothèque iTunes

Je ne m'étais jamais penché sur comment fonctionnait iTunes ou ce qu'il faudrait que je sauvegarde... Au départ il ne contenait rien d'important du coup c'était sans importance (en gros exclusivement mes CD encodés qui sont également sur mon iPhone). Puis j'ai fini par m'abonner à quelques podcasts et du coup sans trop m'en rendre compte, il en est venu à contenir des choses qu'il aurait fallu sauvegarder.

Je savais que je risquais de perdre des choses en cas de crash disque ou en cas de gros plantage du système (virus ou autre). Mais je ne soupçonnais pas qu'un vidage de la batterie et une extinction violente (et sans préavis) du mac pourrait suffire à perdre toutes les données de bibliothèque. Pas les fichiers de son, hein, juste métadonnées (notes des morceaux, playlists, etc) et surtout - dans mon cas la donnée la plus importante - les abonnements de podcasts.

Ce avec quoi je n'étais pas non plus très familier c'est un gros fichier fourre-tout qui s'il est endommagé n'est pas réparable. J'ai l'habitude de bases de données MySQL où quand on a un problème, 99,9% du temps une réparation de la table fautive suffit (au pire on perd quelques entrées mais l'essentiel est toujours là). J'ai l'habitude aussi de fichiers XML ou autre qu'on peut éditer au besoin pour corriger les erreurs. Mais là, rien de tout ça. Juste un gros fichier qui peut que vraquer complètement si l'ordinateur s'éteint alors qu'on est juste en train d'écouter de la musique.

En cherchant un peu sur le net, différents mot-clés, je suis tombé principalement sur des solutions du type "efface tout et réimporte ta musique". La belle affaire. La partie que tu perds dans un cas comme ça est justement celle qui m'importe.

Une autre piste proposée par Apple consiste à récupérer ses podcasts dans le fichier "iTunes Music Library.xml". J'ai bien trouvé le dit fichier mais manque de bol, quand iTunes a trouvé que son fichier de bibliothèque n'était pas valide il en a d'office créé un nouveau et... s'est empressé d'écraser le fichier XML susnommé qui contient une déclinaison human readable des infos de podcasts (entre autres mais c'est ça qui m'intéresse). C'est ballot.

En fouillant dans le dossier iTunes je suis tombé par hasard sur un dossier "Previous iTunes Libraries" contenant... des copies de sauvegarde du fichier de bibliothèque. Je ne sais pas quand il les fait effectivement mais je soupçonne que ce soit lors des mises à jour d'iTunes (celles que j'ai sont réparties tous les 2 à 5 mois)... Quoique, pas seulement puisqu'après que je lui aie refilé la dernière sauvegarde et relancé iTunes, il s'est empressé d'en faire une nouvelle. Super. C'est AVANT le plantage que ça servait à quelque chose, hein. Là c'est un peu tard.

Donc j'ai pu repartir avec une version d'il y a trois mois. C'est toujours ça. J'ai plus qu'à réimporter ce qui manque et ré-abonner les podcasts récents.

Alors bon, je vais maintenant automatiser une sauvegarde plus fréquente de ce fichier (et du XML aussi tant qu'à faire) pour pas me faire avoir une nouvelle fois mais je pensais pas que c'était aussi peu robuste...


iPhone : gaffe aux mises à jour d'applications

De temps en temps je mets à jour mes applications... En général je ne prends pas le temps de vérifier application par application ce qui est mis à jour, me contentant de cliquer sur "télécharger les mises à jour gratuites" dans iTunes.

Ben je pense que je vais changer de méthode et stopper toute mise à jour non-justifiée par un gros ajout !

Pourquoi ? Parce que ce matin, je télécharge donc toutes les mises à jour, puis je synchronise mon iPhone. Et là, surprise : il termine la synchro par une alerte "l'application My Shop'list n'a pas pu être installée car elle n'est pas compatible avec votre iPhone". Sauf qu'a priori il n'y a aucune raison que ce soit le cas : sur iTunes, aucune mention d'une restriction... La dernière version mentionne juste "compatible avec l'iPod Touch", mais ça ne devrait pas exclure l'iPhone, donc a priori aucune raison (visible en tous cas... j'imagine que ça doit venir de la dernière version mineure de l'OS que j'ai imprudemment installée moins de 3 mois après sa sortie).

À la base ça ne poserait pas plus de problème que ça si c'était pour une nouvelle installation : tant pis, ça marche pas, c'est pas grave, l'application est gratuite, j'ai rien perdu. Le hic c'est que là c'est une mise à jour ! Donc en gros le mécanisme super sécure implémenté par Apple c'est :

  1. je mets à jour
  2. je teste la compatibilité
  3. j'efface si c'est pas compatible

Y a comme un truc qui va pas dans la procédure ! Si l'appli est installée c'est que la version installée EST compatible. Donc avec deux sous de jugeote on teste la compatibilité de la mise à jour AVANT de l'installer et si ce n'est pas compatible, on LAISSE l'ancienne version !

C'est quand même assez impressionnant qu'une boite comme Apple commette des bourdes pareilles... Ils devraient prendre des cours chez Mozilla : ça fait bien longtemps que Firefox teste la compatibilité des extensions avant d'installer plutôt qu'après !

Bon, j'imagine que la prochaine version de l'application règlera le problème et que je récupèrerai mon appli... mais entre temps est-ce que l'iPhone conserve mes listes de courses que j'ai saisies dans l'appli et qu'en aucune manière Apple ne me permet de synchroniser (parce qu'évidemment, la synchro de données c'est réservé aux applis Apple... pourtant un synchro entre mon iPhone et mon iPod Touch je trouverais pas ça particulièrement déconnant) ou sauvegarder de quelque manière que ce soit ? Là est la question...

Bref encore un truc foireux à mettre sur le compte de la gestion des applications sur l'iPhone (qui est déjà loin d'être parfaite, comme je le disais il y a quelques temps) :blase:

Je crois bien que dans deux ans, quand se posera la question du renouvellement (et donc du changement de téléphone), je regarderai plus attentivement ce qui se fait ailleurs... Parce que ce système du tout fermé avec des mécanismes complètement foireux laissés au bon vouloir d'Apple, ça commence à me gonfler. Parce que je ne sais pas ce qui se fait sur les autres téléphones mais sur un ordinateur je peux sauvegarder mes données quand j'en ai envie ! Je ne suis pas tributaire des fonctions que propose l'éditeur de l'OS. J'imagine que sur les téléphones disposant d'un OS plus ouvert on doit pouvoir le faire...

EDIT à 18h52 :
En fait je suis passé trop vite aux conclusions : ce n'était que dans l'affichage d'iTunes qu'il me l'avait enlevé. Sur l'iPhone elle était toujours là. Ce n'est que lors de la synchro suivante qu'il l'a supprimée vu qu'il l'avait virée de la liste dans l'interface d'iTunes... Donc si un cas comme ça se présente, on a jusqu'à la synchro suivante pour récupérer ses données :)

Par contre, détail amusant : dans l'interface d'iTunes il l'a retirée et remplacée par une autre (placée en fin de page), vu que j'ai plus d'applis que de pages pour les ranger. Puis après syncro je me retrouve sur l'iPhone avec une autre appli à la place et pas à la fin de la page mais là où mon appli était placée... Ça sent le truc pas du tout réfléchi et qui marche par chance :eyes:

Ensuite j'ai poussé le test en remettant l'application dans l'interface puis en relançant encore une synchro : surprise ! Cette fois elle s'installe sans problème... Donc effectivement il n'y avait aucun problème de compatibilité. Par contre, comme je le soupçonnais, j'ai perdu toutes les données enregistrées dans l'application... Heureusement que ce n'était que des listes de courses et rien de plus important...

Bref c'est pas au point leur truc...