Catégorie « Retour d'expérience »

IA générative et addiction au jeu

Ce matin, je suis tombé sur un fil qui commençait comme ça :

all the criticism has been said, all the takes been had. the only metaphor i have been finding consistently useful for understanding what is happening with people and "AI" is addiction, and specifically gambling addiction.

— jonny (nonvenomous) (@jonny@neuromatch.social) le 29 mai 2026 à 12:33

Et citant ce message (flemme de faire des styles pour intégrer proprement la citation dans le message au-dessus) :

rsync was basically done until the maintainer discovered vibecoding

a chart of commit frequency over the past 3+ years. the chart shows sporadic, infrequent commits until a large spike roughly 6 weeks ago
— Hailey (@hailey@hails.org) le 29 mai 2026 à 12:28

Je recommande d’ailleurs aux développeurs et développeuses parmi vous à lire le fil en question, c’est très intéressant.

L’IA comme addiction au jeu, donc.

Personnellement, je n’utilise pas d’IA générative pour coder (ça ne me tente pas du tout pour pas mal de raisons que je ne vais pas détailler ici, ce n’est pas le sujet) et je n’ai jamais compris comment on pouvait avoir envie d’interragir avec un chatbot (l’intérêt de parler à une machine, ce justement d’éviter les lourdeurs et imprécisions du langage humain, donc réinventer ça avec un LLM m’a toujours paru totalement absurde).

Par contre, j’ai pendant environ un an utilisé de l’IA générative pour générer des images et j’ai constaté exactement la même chose question addiction.

Il y a environ deux ans, après avoir fini un “visual novel” (type de jeu vidéo où l’essentiel du jeu consiste en des images de fond et du texte à lire racontant une histoire… on est souvent plus proche du roman, voire de la BD que d’un réel jeu vidéo), je me suis dit que j’avais bien envie d’expérimenter un peu ce qu’on pouvait faire avec le moteur Ren’Py. Et comme justement, les IA génératives permettaient depuis quelque temps de générer des images potables, je me suis dit que j’allais essayer d’utiliser ça. D’un côté ça permettait de palier le fait que dessiner ça prend des plombes et que je ne suis pas assez doué pour arriver à ce que je veux. De l’autre, ça permettait d’envisager d’éviter le plus gros défaut de ce genre de jeu : qu’on revoit généralement en boucle les mêmes images, parce que ça prend des plombes à dessiner et donc ça coûte cher. Le jeu n’avait pas vocation à autre chose qu’un simple PoC ou au mieux un jeu gratuit si jamais j’arrivais à quelque chose de suffisamment satisfaisant. Pas une production commerciale, donc. Dans ce contexte, l’IA générative ne me posait aucun problème de conscience (ce sujet-là aussi mériterait que j’en fasse un article dédié, à l’occasion, pour préciser ma pensée).

Par ailleurs, je faisais tourner tout ça en local sur un vieux PC âgé de 10 ans, qui du coup tournait H24 à environ 50% des capacités du processeur (et quasiment rien côté carte graphique qui était trop vieille). Donc ça consommait certes de l’électricité, mais de manière cadrée (on est loin du cliché de la centrale nucléaire pour répondre à un prompt). Ça donnait des images pas trop nulles en plusieurs dizaines de minutes (plutôt 10-15 minutes sur la fin où je privilégiais des modèles nécessitant peu d’itérations). Ça générait plein de résultats pourris ou hors sujet et de temps en temps des trucs intéressants, que je déclinais ensuite. Avec le temps, j’ai affiné la maîtrise du processus et augmenté la proportion de résultat utilisables, mais il restait toujours beaucoup de déchets.

Et c’est là qu’on arrive à l’addiction au jeu : comme ça prenait longtemps à générer, sans forcément donner de résultat satisfaisant avant de nombreux essais, je faisais tourner le PC en permanence, avec une file d’attente et je revenais voir régulièrement ce que ça avait donné. Et là le ressenti était très proche de l’ouverture d’un booster de Magic. Tu ouvres ton booster en regardant fébrilement si t’as eu une bonne carte. Puis t’en ouvres compulsivement un autre et ainsi de suite jusqu’à avoir épuisé ton stock. Là, c’était pareil : je parcourais les images générées, supprimant rapidement les plus mauvaises, lançant de nouvelles générations sur la base des plus réussies, jusqu’à avoir ce dont j’avais besoin pour avancer dans mon jeu (ou remettre à plus tard parce que le modèle n’arrivait pas à générer ce que je voulais). Donc pareil, à ceci près qu’il n’y a pas de stock. Tu peux continuer à l’infini.

Et quand je dis que j’allais régulièrement voir où il en était, c’était souvent. Voire très souvent. C’était la première chose que je faisais en me levant et la dernière avant d’aller dormir. Le côté addictif était assez clair. Pas une drogue dure, ça restait dans les limite que je voulais bien lui donner, mais tout de même avec le côté compulsif… donc une forme d’addiction quand même.

Ça a duré un an comme ça, jusqu’à ce que je finisse par arrêter pour une combinaison de raisons, dont :

  • Le fait que ce vieux PC avait tendance à planter de plus en plus souvent sous la charge.
  • C’était quasiment impossible avec les modèles que j’avais récupéré de générer des scènes d’action potables, ce qui faisait que je ne pouvais jamais finir vraiment une partie de l’histoire.
  • Une certaine lassitude à force, parce que même si certains résultats sont stimulants en menant à des choses intéressantes qu’on n’avait pas prévues, ça reste souvent surtout frustrant de pas arriver à ce qu’on veut.

Donc un jour, je me suis dit que je faisais une pause et que je retenterais peut-être après avoir acheté un nouvel ordi. Mais en fait, je me suis rapidement senti libéré d’un poids. Et je n’ai plus vraiment eu envie de recommencer, même quand j’ai enfin arrêté de procrastiner et acheté un nouveau PC (en début septembre 2025, juste avant que le coût du matos explose sous l’impulsion des grosses boites d’IA… des fois, on a de la chance).

Par contre, quelques mois après avoir arrêté, je me suis dit que, quand même, la partie écriture, c’était sympa et j’ai commencé à écrire un roman… Dont je suis en train de finir le brouillon du troisième tome, mais c’est un autre sujet ‘^^


Compte mail pro chez OVH, quelques subtilités

Il y a environ un an, j’ai pris un compte mail “pro” chez OVH parce que gérer un serveur mail sur mon dédié, c’est vraiment trop prise de tête.

Dans l’ensemble ça fait le boulot. Leur webmail à base d’Outlook est une bouse (pire encore que Gmail, c’est dire) mais comme je n’utilise environ jamais de webmail ce n’est pas vraiment un problème.

J’ai pu avec un seul compte mail déclarer un certain nombre d’alias sur mes différents domaines sans problème majeurs.

Enfin à part deux « subtilités » qui m’ont fait perdre énormément de temps sans que je trouve quoique ce soit sur le net qui me mette sur la voie…

Mots de passe : attention aux accents !

J’ai galéré des heures à essayer de me connecter dessus avec Thunderbird sur mon PC et deux clients mails différents sur Android et pas moyen : le seul qui marchait, c’était IMAP sur Thunderbird, IMAP sur Android, pas moyen et SMTP sur aucun des deux.

J’ai tenté plein de trucs, suivi 12 fois toutes les docs, etc. Jusqu’au moment où je me dis que je vais tenter de virer le « é » que j’avais mis dans mon mot de passe pour ajouter un caractère spécial. Et c’était ça : tout marche maintenant. J’ai dû perdre en tout 4 ou 5 heures parce que j’ai mis un accent dans mon mot de passe.

Je ne suis pas près de recommencer, quel que soit le site ou service.

Je précise que je saisissais bien l’accent hein (je passais par copié/collé sur le PC donc pas de faute de frappe). C’est juste que de l’autre côté, il me le rejetait. Puis j’ai viré l’accent et là tout marche.

Pas merci OVH. Mais alors pas du tout.

Alias automatiques en utilisant un « + »

Comme sur d’autres services (comme Gmail, par exemple), on peut utiliser des variantes de l’adresse en ajoutant « + » et une chaîne quelconque à la suite du nom d’utilisateur.

J’utilise ce mécanisme pour fournir un e-mail unique à chaque nouveau site ou service à qui je communique une adresse e-mail, histoire de pouvoir tracer d’où viennent les spams.

Par exemple si l’adresse e-mail est mail@toto.fr, on peut utiliser mail+amazon758@toto.fr, ça marchera également.

Enfin à peu près.

En fait on peut sans problème recevoir un mail via cette adresse-là, il n’y a rien de particulier à faire.

Par contre, pour en envoyer là, il faut aller déclarer explicitement un alias dans l’interface de gestion fournie par OVH, sans quoi l’envoi est rejeté.

Voilà voilà, je laisse ça là, sait-on jamais, ça peut servir à quelqu’un d’autre…