Retour du blog

Ça faisait déjà près d’un an et demi que ce blog était mort suite à un crash serveur. Je ne pouvais pas le remettre en fonction directement parce qu’il utilisait une vieille version de WordPress qui n’était pas compatible avec PHP7 et je n’avais pas envie de pourrir mon nouveau serveur avec un vieux PHP. Quant à la mise à jour de WordPress était dissuasive parce que j’avais de nombreuses versions de retard et que ça se serait forcément fait dans la douleur.

En parallèle, j’avais vu passer plusieurs articles parlant de remplacer WordPress et autres moteurs dynamiques par un générateur de site statique. Cet aspect me tentait bien, mais pas pour les raisons avancées habituellement, en particulier la principale : les perfs, je m’en fiche un peu (mon serveur se tourne les pouces la plupart du temps et j’ai une audience limitée).

Non, ce qui m’intéressait, c’était plutôt de supprimer la maintenance et les besoins de mise à jour, soit précisément ce qui m’a fait repousser la remise en ligne du blog (et ce qui me causait sans doute de grosses failles de sécurité sur le précédent serveur). En effet, dans ce cas le générateur n’est pas en ligne, je peux le garder tranquillement en local sur mon ordi perso.

Par contre, ça a plusieurs gros inconvénients qui m’ont retenu de sauter le pas plus tôt, en particulier deux :

  • Pas de système de commentaires. C’est embêtant parce qu’il est exclus que je délègue ça à un silo genre Discuss. Et si c’est pour remettre du JS et un système de web services, ben on reperd direct l’intérêt principal de s’éviter la maintenance… Je n’ai pas de solution correcte pour l’instant donc il faudra s’en passer (genre en passant par Mastodon ou à défaut Twitter), jusqu’à ce que je trouve quelque chose de viable.
  • Pas de moteur de recherche. Moins gênant, mais quand même déléguer à Google et autres la recherche interne du site ça me déplaît pas mal. Là non plus, je n’ai pas de solution pour l’instant (j’ai trouvé un plugin qui permettrait de le faire, mais en passant par une API tierce, donc bon, on n’y gagne pas grand-chose au final).

J’ai finalement décidé de sauter le pas parce que ça m’est arrivé quand même assez souvent de me dire que j’aurais bien fait un article sur un sujet, mais qu’en l’absence de blog, j’ai soit rien fait, soit résumé en quelques pouets et/ou tweets.

J’ai donc cherché un peu dans les outils existants. Forcément, y en a des dizaines… Du coup, faut choisir. Après avoir écarté tout ce qui est NodeJS et rien trouvé en PHP, je me suis rabattu sur Jekyll (en Ruby) qui a le mérite d’avoir un peu d’ancienneté et donc pas mal de plugins dispo et probablement une durée de vie pas trop basse.

Après avoir rencontré pas mal de problèmes tels que :

  • besoin de choisir un thème
  • besoin d’installer des plugins et configurer plein de choses (Jekyll de base est assez vide)… pour la liste des plugins, cf. la page à propos
  • du temps perdu à comprendre que si ma pagination était morte d’un coup, c’était parce que j’avais reformaté le fichier (oui les pages contiennent des en-têtes en YAML qui a l’idée VRAIMENT débile de se baser sur l’indentation, donc un formatage et boum ça marche plus… et vas-y pour comprendre que ça vient de là !)
  • repasser sur tous les articles pour faire en sorte que ça se rende bien (un convertisseur depuis une base WordPress est dispo mais il ne convertit pas les balises spécifiques… et j’en avais pas mal pour du code ou de la mise en forme autour des images)

J’ai enfin quelque chose de fonctionnel \o/

J’en profite également pour basculer sur un autre domaine (en .net plutôt que .com).

Il reste à mettre en place les redirections pour ressusciter les anciennes URL des articles, mais ça peut attendre, après un an et demi, on est plus à quelque semaines près… Et il risque d’y avoir encore quelques ajustements, mais ça a déjà le mérite d’être fonctionnel ^^


AMT : archiver ses tweets

Ça faisait longtemps que je voulais sortir mes tweets et favoris de Twitter et ce pour plusieurs raisons :

  • éviter de perdre ce qui est supprimé (y compris les images)
  • faire des recherches efficaces (Twitter est lamentable de ce côté-là)
  • garder tout ça chez moi sous mon contrôle

En début d'année, je me suis finalement décidé à prendre le temps de regarder ce qui existait. J'ai fini par tomber sur Archive My Tweets qui semblait faire ce que je voulais. Et que j'ai donc installé : bingo, mes tweets sont exportés \o/

Du coup, forcément, j'ai commencé à modifier un peu le thème et traduire l'interface en français... et là c'est le drame. Comme souvent quand on creuse un peu ben, c'est bugué et très limité :

  • les retweets sont tronqués
  • le thème n'est pas remplaçable sans écraser les fichiers
  • pas de système de traduction de l'interface et, pire, la moitié des textes sont directement dans le code et pas dans les templates
  • ...

Au premier bug, je me dis que je vais le corriger puis proposer les corrections à l'auteur. Au troisième gros changement, je laisse tomber l'idée et je pars sur un fork.

Du coup de fil en aiguille, j'ai dû réécrire plus de la moitié du code pour aboutir à une application qui :

  • archive mes tweets, retweets et favoris
  • archive les images et avatars qu'ils contiennent (c'était nécessaire pour pouvoir les afficher et de toute façon, c'est pas plus mal, comme ça ils sont archivés aussi)
  • permet de rechercher dans l'ensemble des tweets et de filtrer entre tweets, retweets, favoris et réponses
  • gère des traductions de l'interface (français et anglais même si je ne garantis rien sur la qualité de la seconde)
  • permet d'ajouter d'autres thèmes graphiques

J'envisage d'autres améliorations encore, mais c'est déjà pas mal :)

Le code est évidemment libre (hébergé sur la forge de Framasoft) et j'ai même pris le temps de le documenter ! Quand à mon instance à moi, elle est consultable ici : tweets.darathor.net.

L'application n'est pas encore totalement stable, mais n'hésitez pas à la tester. Par contre, si vous l'utilisez effectivement, n'hésitez pas à m'en avertir parce que tant que personne d'autre que moi ne s'en sert, je ne perdrai pas de temps à publier des procédures de migration lors des mises à jour...

Voilà voilà... Ça faisait longtemps que j'avais plus fait un article pour autre chose qu'ironiser sur la dérive sécuritaire ^^

PS : Bon par contre, j'ai eu la mauvaise surprise de constater qu'en termes de favoris, on ne peut récupérer que les 3200 derniers (et contrairement aux tweets et retweets ils ne sont pas dans l'archive qu'on peut exporter depuis son compte). Et j'ai bien l'impression qu'ils sont vraiment perdus parce que j'ai pris le temps de supprimer tous ceux que j'avais exportés mais je suis juste arrivé à une liste vide, aucune trace des plus anciens... Ou comment perdre 10000 tweets que j'avais mis en favoris justement pour en garder une trace :blase: Ça m'apprendra à faire confiance à un silo.


« Tant que c'est à l'étranger, ça compte pas. »

« Tant que c'est à l'étranger, ça compte pas. » C'est le seul et unique article du nouveau projet de loi anti-terroriste présentée par Bernard Caseneuve mercredi prochain devant le Sénat dans le cadre d'une procédure accélérée.

Ce nouveau projet de loi devrait permettre à nos équipes de récolter des renseignements plus facilement sur le terrain et, le cas échéant, de contrecarrer des attentats en neutralisant efficacement leurs auteurs potentiels. « Cela se pratique déjà dans les faits, mais comme ce n'est pas explicitement précisé dans la loi, les agents vivent dans une insécurité juridique qui nuit à leur efficacité », a assuré le ministre de l'Intérieur devant l'Assemblée Nationale lors des débats en début de semaine dernière. « Le cadre juridique encadrant leurs actions doit être le plus clair possible et il me semble que notre projet de loi répond parfaitement à ce besoin tout en instaurant les garde-fous nécessaires », a-t-il précisé. Devant les critiques que lui ont opposés quelques rares députés lors de la première lecture à l'Assemblée la semaine passée, il a répondu que « c'est d'ailleurs déjà ce que pratiquent nos alliés américains à Guantanamo et récemment nos alliés anglais via des interventions ciblées à l'aide drones ».

Cependant, le projet de loi n'est pas passée sans heurts jusqu'à présent puisque des débats animés ont opposé à l'assemblée le ministre et le rapporteur Jean-Jacques Urvoas au groupe Les Républicains qui critiquaient la complexité de la loi et l'absence de contrôle. Mais un compromis a été trouvé vers une heure du matin après une interruption de séance de trente minutes grâce à deux amendements décisifs. Le premier rajoutait la précision « Tant que c'est à l'étranger » en début d'article, instaurant une certaine limitation dans la portée de la loi, approuvée des deux côtés de l’hémicycle. Le second retirant un « n' » jugé inutilement complexe. « Je ne peux qu'approuver cette loi qui va dans le bon sens », a déclaré Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes « mais je regrette toutefois qu'elle n'aille pas plus loin. Notamment en ce qui concerne les étrangers présents sur le territoire français. »

La simplicité de cette loi ne semble cependant pas faire l'unanimité. « Je ne comprenais rien à l'essentiel de la loi et des amendements, j'ai donc suivi l'avis du ministre », a déclaré une députée de la majorité. Malgré tout, le ministre se veut rassurant : « cela reste évidemment une problématique éminemment technique, mais nous nous sommes attachés à l'aborder de la manière la plus simple possible. »

Plusieurs organisations qui se sont fermement opposées, sans succès jusqu'à présent, à ce projet de loi qu'elles jugent « inacceptable, dangereux et irrespectueux des Droits de l'Homme » ont annoncé leur intention de durcir leur action à l'occasion du passage devant le Sénat. « Jusqu'à présent, nous avons privilégié les voies légales [plusieurs recours devant le Conseil Constitutionnel et le Conseil d'État ces derniers mois, NDLR] contre les lois précédentes et avons tenté d'expliquer en quoi elles étaient dangereuses, mais force est de constater que ça ne fonctionne pas », a déclaré tristement Adrienne Charmet-Alix, porte-parole de la Quadrature du net. « Nous allons donc nous inspirer des actions qui ont obtenu gain de cause auprès du gouvernement ces dernières années en bloquant des routes, en tabassant des fonctionnaires du renseignement et en brûlant des boites noires. Puisque faire appel à l'intelligence ne nous vaut que du mépris, voire des insultes, nous allons tenter la connerie et la violence, sait-on jamais », a-t-elle conclu sur un haussement d'épaules désespéré.

Voilà voilà, c'est mon troisième article débile de suite sur le sujet, mais en parler sérieusement serait trop déprimant... Cela dit, ça devient difficile de grossir le trait quand il est déjà si épais...

Cet article est bien entendu publié sous licence :

License : Complete Bullshit

Rien à cacher !

Pas plus tard que cet après-midi, j'ai eu la mauvaise surprise d'appendre que j'étais maintenant sous surveillance renforcée :

Sous surveillance renforcée

Donc bon, comme je ne tiens pas à finir en prison, finies les conneries, les exégèses amateurs, tout ça. Je soutiens maintenant le gouvernement à 100%. Il est grand temps que la France deviennent une démocratie adulte avec un gouvernement fort qui puisse faire respecter l'ordre sans que la Justice vienne lui mettre de bâtons dans les roues.

Donc pour soutenir ses efforts, j'ai écrit une petite chanson sur l'air de Rien à cirer de Charles Trenet. N'ayant pas les compétences musicales d'un JCFrog, je n'ai malheureusement que les paroles à proposer :

Rien à cacher, la vie est belle
L'état sait tout de moi
Mon historique et mes e-mails
Mes déplacements, mes choix
Rien à cacher,
Je suis ravi
Qu'il puisse connaitre tout de ma vie
Même plus que moi en vérité
Au nom de ma sécurité
Rien à cacher
Adieu zadistes et dissidents d'un jour
Les terroristes, les pédophiles sont percés à jour
Les boites noires les dénoncent aux flics
Grâce à leurs algorithmes magiques
Qui analysent toutes nos données
Rien à cacher
Alors s'envole ma vie privée
Au moindre faux pas je serai suspect
Mais quelle importance puisque je n'ai
Rien à cacher
Rien à cacher
Rien à cacher

Voilà.

Sinon, Snowden a dit récemment en substance que ne pas s'inquiéter du respect de la vie privée parce qu'on n'a rien à cacher était du même niveau que d’approuver la censure sous prétexte qu'on n'a rien à dire. Et ça tombe bien parce que du coup justement je n'ai plus rien à dire : le gouvernement dit déjà tout ce qu'il y a à savoir et bien mieux que moi \o/

Cet article est bien entendu publié sous licence :

License : Complete Bullshit

N'ayez pas peur des algorismes !

Depuis plus d'un mois et demi maintenant, nous assistons à une lutte féroce entre le gouvernement d'une part et des personnes organisations très variées d'autre part concernant le projet de loi sur le renseignement qui est en cours d'examen actuellement (en procédure accélérée parce qu'il y a urgence pour s'assurer qu'une majorité de parlementaires n'ait pas le temps d'y voir clair et suive la consigne de vote de son parti).

Un gros point qui pose problème (en autres) est le problème des « boites noires » (le terme vient de la com' du gouvernement, même s'il a retourné sa veste depuis), pas forcément des boites physiques, mais en tout cas des boites « logiques », à savoir des algorithmes secrets dans lesquels on rentre plein d'informations et qui ressortent des suspects (c'est donc bien la définition d'une boite noire dans le domaine des systèmes d'information).

Bon, en tout cas, c'est ce qu'on a compris. Mais il semblerait qu'il y ait eu méprise.

En effet, nous, on a tous compris qu'on parlait d' « algorithme », ce mot assez commun de la langue française bien connu des informaticiens et des scientifiques en général, mais qui n'a fait son apparition que très récemment chez les politiques :

algorithme (non masculin) :
Ensemble de règles opératoires dont l'application permet de résoudre un problème énoncé au moyen d'un nombre fini d'opérations. Un algorithme peut être traduit, grâce à un langage de programmation, en un programme exécutable par un ordinateur.
Dictionnaire Larousse

Sauf qu'en fait on a tout faux. C'est l'intervention ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian qui nous en a fait prendre conscience lors de son intervention devant le sénat il y a quelques jours et dont Laurent Chemla nous propose une compilation :

« algorisme », compilé par Laurent Chemla

Vous l'aurez maintenant compris : en fait, on ne parle pas d' « algorithme », mais plutôt d' « algorisme ». La confusion n'a rien d'étonnant puisque si le premier mot est bien connu, le second l'est beaucoup moins.

Tout d'abord, je précise que ça n'a rien à voir avec Al Gore. Ni avec l'anévrisme, même s'il semble évident qu'un dysfonctionnement de l'algorisme, une « rupture d'algorisme » donc, pourrait entrainer des conséquences dramatiques.

Non, ce mot venant de l'ancien français et qui est l'ancêtre de notre algorithme a vu son sens évoluer pour aboutir dans le jargon des services de renseignements à quelque chose de sensiblement différent :

algorisme (non masculin) :
Moyen de ciblage magique permettant sans surveiller personne, de détecter des suspects anonymes pouvant par la suite être désanonymisés si le besoin s'en fait sentir.
— Dictionnaire Larousse (édition de 2084)

Et voilà, comme vous pouvez le constater, Bernard Cazeneuve, Jean-Jacques Urvoas et leurs collègues on parfaitement raison : il n'y pas de surveillance de masse. Puisque par définition l'algorisme n'espionne personne.

D'ailleurs le nom de Poudre Verte Global Solutions circule déjà dans les couloirs des ministères comme fournisseur pressenti des dits algorismes. Ce qui est un gage de qualité, à n'en pas douter.

Tout va bien.

Vous pouvez profiter de votre weekend ensoleillé tranquille et le cœur léger.

Ou alors…

Ou alors Jean-Yves Le Drian n'est — comme il le reconnait lui-même — pas un grand spécialiste des algorithmes et n'est pas au courant que c'est un mot français et qu'il n'y a pas lieu de prononcer le « th » à l'américaine…

Mais dans ce cas la loi prévoirait bien des algorithmes de surveillance de masses dans le but de détecter des comportements ressemblant un peu à des comportements de terroristes connus, avec de forte probabilités de faux positifs (le lien parle de dépistage du cancer, mais le principe est le même : là aussi on parle d'une très petite minorité) qui risquent fort de conduire à des erreurs judiciaires erreurs administratives (la justice, c'est has been) et engorger les services de renseignement qui n'arrivent déjà pas à surveiller les suspects connus. Le tout avec des moyens de recours largement illusoires.

« Gare aux godillots ! », par JCFrog

Mais alors, on aurait vraiment des raisons d'avoir peur.

Non, décidément, je préfère largement mon explication, c'est beaucoup plus rassurant.

License : Complete Bullshit