De la (re)vente d’œuvres numériques

Après que la lourde page eut enfin fini de se charger, j'ai lu l'article Ebooks d'occasion : et puis quoi encore ! de Jean-François Gayrard posté sur le site de l'éditeur Numeriklivres et celui-ci me pose un gros problème. Un problème bien trop long à détailler pour se limiter à quelques tweets de réponse, je le ferai donc ici (une fois de plus, Twitter montre que s'il est très adapté à la veille et la diffusion, il l'est beaucoup moins à la communication à double-sens).

L'article s'oppose fermement à quelque chose qui revient souvent sur le devant de la scène : la revente d'occasion de fichiers numériques (très proche du prêt numérique qui revient lui aussi périodiquement). En introduction, l'auteur dénonce un travers fréquent de vouloir transposer au numérique tout ce qui se fait dans l'univers physique et prétend avoir du mal à le comprendre. Pourtant sur ce dernier point c'est très simple à comprendre : toute personne (physique ou morale) qui a un intérêt à une caractéristique de l'univers physique va vouloir préserver cet intérêt dans l'univers numérique. C'est exactement ce que font les éditeur qui imposent des DRM pour recréer la rareté de l'objet physique (même si je ne crois pas que ce soit le cas de Numeriklivres, ce qui est tout à leur honneur) et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. Là nous parlons du cas de la revente, les personnes y ayant intérêt n'étant cette fois pas les éditeurs mais les revendeurs et les particuliers. Numeriklivres n'étant pas de ceux-là il s'oppose fort logiquement à cette transposition, comme avant lui le moine copiste s'opposait à l'imprimerie et le fabricant de chandelles à la lampe électrique. Je ne dis pas que cette opposition est infondée, simplement qu'elle est aussi logique et évidente que le soutien d'autre acteurs à ce à quoi elle s'oppose.

Ensuite, l'auteur poursuit avec quelques questions censée j'imagine renforcer le caractère prétendument absurde de la chose :

Sur quels critères se base-t-on pour définir le taux d'usure d'un fichier numérique d'une oeuvre littéraire ? Je voudrais bien que l'on m'explique. Je voudrais bien que l'on m'explique quelle différence y'a-t-il entre vendre des ebooks d'occasion, prêter un ebook ou pirater un ebook ?

Et là je m'interroge : depuis quand le droit de revendre un livre papier est-il lié à son usure ? J'ai souvent acheté des livres d'occasion en meilleur état que bien des livres vendus pour neufs ! Et ce n'est pas parce qu'un livre neuf est abimé que le libraire s'alignera pour autant sur le marché de l'occasion (même s'il est parfois possible d'obtenir un petite ristourne). Sans être expert en droit, il me semble bien que ce qui fait qu'on peut revendre un livre papier c'est qu'après qu'on nous l'ait vendu, on en est propriétaire et que la mécanique d'épuisement des droits s'applique, disant qu'on ne doit plus rien à l'auteur ou à ses ayant droits dès lors que la première vente est passée. L'usure de l'objet n'a rien à voir là dedans. Il en va de même pour le prêt (j'entends prêt gratuit, pour la location c'est différent, du moins dans la loi, alors qu'elle aussi use l'objet).

Or on prétend bien nous vendre un ebook (même si personnellement je me suis toujours bien gardé d'en acheter, pour tout un tas de raisons dont la plupart sont expliquées ici), du coup pourquoi magiquement du fait de la dématérialisation, on perdrait les avantages que nous confère notre achat ?

On pourra peut-être me rétorquer que la version numérique est moins chère (ce que n'est pas loin de faire l'auteur de l'article quand il met en avant les prix qu'il pratique) mais malheureusement en plus de ne pas toujours être vrai, c'est assez hors sujet puisque ce prix plus bas vient directement du fait que la version numérique est moins chère à produire et diffuser (le coût de production de l’œuvre restant à peu près le même).

"Donc tu soutiens la revente de livres numériques ?" me direz-vous. Et ma réponse sera "non". Non je ne soutiens pas la revente de livres numériques mais pas du tout pour les même raisons que l'auteur de cet article.

Si je ne soutiens pas ce droit alors qu'il devrait à mon sens découler directement de la propriété de l'exemplaire numérique c'est parce que justement je conteste ce principe même de propriété d'un exemplaire immatériel qui peut être dupliqué à l'infini pour un coût négligeable. Le problème fondamental avec la revente d'occasion, comme avec le prêt d’œuvres dématérialisées vient ironiquement de ce problème que citait l'auteur en introduction à savoir qu'on cherche à transposer dans l'immatériel un principe lié au contexte physique. Il est à mon sens parfaitement absurde de vouloir s'arroger une propriété sur un exemplaire numérique. Et dès lors que cette propriété n'a pas de sens, tout le château de carte de ce qui s'appuie sur cette propriété s'effondre : vente, prêt, revente et même "piratage". Plus rien de tout cela n'a de sens.

Sauf que lui, l'éditeur, il veut absolument transposer ce qui se fait depuis deux siècles pour le livre papier dans l'univers numérique, à savoir vendre des exemplaires ! Car oui, son gagne pain basé sur la vente (grâce à un pourcentage que lui garantit autre forme de pseudo-propriété posant plein de problèmes de cohérence : la "propriété intellectuelle", sur laquelle je ne m'étendrai pas ici) ne marche plus dans l'univers numérique ou l'exemplaire n'a plus la valeur qu'il avait dans l'univers physique puisque tout le monde peut en fabriquer à l'infini quasi-gratuitement. Sauf que dans l'édition, on sait vendre des exemplaires, alors on continue de le faire dans le numérique et on s'étonne que les autres protagonistes aient envie eux aussi de continuer à faire ce qu'ils faisaient dans le monde physique (prêter, revendre, léguer, etc).

Reste que si le monde numérique n'est pas adapté à la vente d'exemplaires, il faudra bien un jour trouver une alternative pour rémunérer les créateurs (ce qui peut inclure les éditeurs pour les tâches qui interviennent dans le processus créateur, comme le conseil ou la conception du fichier final par exemple). Et c'est bien là le seul point important à réfléchir. Or les seuls dont j'ai jusqu'à présent pu lire des articles là dessus sont soit des auteurs (comme Neil Jomunsi ou Thierry Crouzet) soit le public, ceux à qui sont destinées les œuvres (catégories non-étanches évidemment). Mais personne dans les intermédiaires, ceux-là même qui ont tout à gagner à préserver dans l'univers numérique leur part des pratiques issues de l'univers physique, car sans cela ils cesseront tout bêtement d'exister ou seulement à la marge (comme les moines copistes ou les fabricants de chandelles en leur temps et bientôt les chauffeurs de taxis et de VTC qui s'entredéchirent pour faire voter des lois absurdes en oubliant que dans dix ou vingt ans au plus ils seront tous devenus obsolètes face aux voitures automatiques).

Il y a de nombreux modèles possibles pour permettre aux créateurs de vivre sans faire la manche (ce que ne semble pas si bien faire le système actuel). Par exemple, des concepts du style de la contribution créative ou, bien mieux à mon sens, le revenu de base pourraient très bien remplacer la vente d'exemplaires. Complétées par d'autres prestations qui garderont leur sens comme par exemple la vente de dessins originaux pour les dessinateurs (du moins tant qu'il y aura des dessins originaux) ou les concerts pour les musiciens et chanteurs.

Mais cela ne pourra se faire qu'en se décidant enfin à s'affranchir des "évidences" du passé. C'est à dire exactement l'inverse de ce qui se fait actuellement en empilant les dispositifs censés préserver le modèle passé (DRM, flicage, bourrage de crâne, etc) qui ne peuvent au mieux que retarder l'inéluctable et au pire conduire à une de ces "cassures" violentes et sanglantes dont l'histoire regorge.

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8 commentaires

Hello,
Voilà un lieu plus calme que Twitter.
Ce qui va décider ce sont les usages. On verra bien.
Tu sais, tu parles à des écrivains qui se battent contre le flicage justement, contre HADOPI, contre les DRM.
"un exemplaire immatériel qui peut être dupliqué à l’infini pour un coût négligeable"
Certes. Mais le pb étant que le coût est en amont : sur chaque exemplaire, l'auteur touche un peu d'argent qu'il aurait aimé toucher au moment de la signature du contrat.
Les modèles possibles pour faire vivre les auteurs autrement ne fonctionnent pas encore. Le revenu de base est une très bonne idée. D'ici là les artistes ont quand même besoin de manger, et aussi : qu'on les soutienne. C'est à dire par exemple qu'on ne les assimile pas aux industries culturelles.
Quant à la question du métier : les revenus artistiques sont importants. Mais les artistes en bénéficient peu. Ce sont les industries culturelles, les moteurs de recherche, les vendeurs de matériel qui en tirent le plus de profit. Est-ce qu'il n'y aurait pas des comptes à demander à ces gros empires techo-industriels ? Je crois que si.

De façon plus générale : c'est une question de redistribution des richesses et ça concerne tous les métiers.

Bonne soirée,
Martin

Oui c'est plus pratique que Twitter ^^ (mon prochain billet pourrait bien parler de ça d'ailleurs...)

Tu sais, tu parles à des écrivains qui se battent contre le flicage justement, contre HADOPI, contre les DRM.
Oui je sais ^^ C'est pour ça d'ailleurs que je participe aux discussions : n'ayant pas des avis diamétralement opposés (tout en restant divergeant), il y a moyen d'avoir des discussions constructives :)

“un exemplaire immatériel qui peut être dupliqué à l’infini pour un coût négligeable”
Certes. Mais le pb étant que le coût est en amont : sur chaque exemplaire, l’auteur touche un peu d’argent qu’il aurait aimé toucher au moment de la signature du contrat.
Les modèles possibles pour faire vivre les auteurs autrement ne fonctionnent pas encore. Le revenu de base est une très bonne idée. D’ici là les artistes ont quand même besoin de manger, et aussi : qu’on les soutienne. C’est à dire par exemple qu’on ne les assimile pas aux industries culturelles.
Effectivement le coût de production de l'exemplaire est négligeable mais pas celui de l’œuvre (dont le coût est majoritairement humain hors audio et film où il faut du matériel) c'est pour ça que je dis que le problème central restera de financer la création.

Le gros problème à continuer à défendre la vente d'exemplaires dématérialisés c'est que ça interdit d'envisager de mettre en place autre chose. Ça ne nous empêche pas nous d'y penser mais quand je vois l'ampleur du travail qu'il y aurait à faire pour convaincre l'opinion publique ET les décideurs politiques (ce serait la même chose dans une vraie démocratie mais bon, on n'a pas cette chance) de changer de modèle, je me dis que rajouter des patchs pour améliorer un peu la situation des auteurs nous éloignerait d'autant de l'objectif :-/ (même si je suis bien conscient que c'est plus facile à dire pour moi qui n'ai pas à subir cette situation)

Quant à la question du métier : les revenus artistiques sont importants. Mais les artistes en bénéficient peu. Ce sont les industries culturelles, les moteurs de recherche, les vendeurs de matériel qui en tirent le plus de profit. Est-ce qu’il n’y aurait pas des comptes à demander à ces gros empires techno-industriels ? Je crois que si.
Complètement mais déjà je pense que légaliser le partage leur fera perdre du poids. S'ils en ont autant c'est parce que le modèle basé sur la vente implique de combattre des systèmes décentralisés comme le peer to peer.

Donc on pourrait certes envisager de résoudre le problème du financement des auteurs mais en renonçant mécaniquement à l'aspect défense des libertés (même s'il est clair que les industries culturelles ne sont pas le seul acteur concerné, elles restent un acteur majeur).

C'est pourquoi des solutions alternatives comme le revenu de base me semblent bien plus prometteuses. D'autant que rien n'empêche de coupler revenu de base et un truc ressemblant à la contribution créative (pouvant très bien être supporté en partie au moins par les grosses boites qui profitent de la création) dédié aux créateurs pour préserver l'aspect "métier". Même si pour l'instant je ne suis toujours pas convaincu que l'absolue nécessité que ça en reste un, surtout avec en vue les nécessaires réductions du temps de travail à entreprendre qui vont d'autant augmenter le temps libre pouvant être consacré par tous à la création... Cela dit je reste indécis sur cet aspect "métier", j'y vois du bon et du moins bon mais je n'ai pas encore un idée assez claire de la chose pour trancher ni même donner un argumentaire valable. La question demande encore un temps de maturation en ce qui me concerne ^^

Le seul point qui me gêne dans la contribution créative telle que présentée par la Quadrature du net c'est la méthode de détermination des destinataires basé sur les téléchargements et nécessitant de traquer ce qui circule (même basé sur le volontariat ça me gêne). D'autant que ça me semble aussi injuste que le système de vente : un livre que je laisse tomber au bout de 50 pages en me disant que j'ai décidément perdu mon temps, je ne trouve pas forcément justifié de rémunérer son auteur. À l'inverse, un album de musique que j'écoute en boucle pendant un mois il ne me semblerait pas déconnant que son auteur soit plus rémunéré qu'un autre dont je me serais lassé plus vite. Reste à trouver un indicateur valable qui puisse être représentatif de l'intérêt des œuvres pour leur public sans être trop intrusif. Là non plus je n'ai pas d'idée précise en l'état. Par contre j'aime bien leur idée de rendre ça non-linéaire pour éviter qu'un gros succès rafle une trop grande part. Il s'agit de financer l'activité créatrice, pas de créer quelques super-riches parmi les créateurs.

Une autre piste serait que les créateurs soient salariés comme c'est le cas pour la plupart des développeurs ou pour beaucoup de mangakas (je ne sais pas dans quelles proportions là par contre ni quelle proportion en vit correctement). Mais ça me semble difficile à adapter à l'art sans le dénaturer par trop de contrôles et/ou créer des "planques" sources d'abus ou encore laisser la place à des abus côté employeur. C'est pas évident à mettre en place un truc comme ça.

De façon plus générale : c’est une question de redistribution des richesses et ça concerne tous les métiers.
Tout à fait et c'est pour ça que le revenu de base me semble si séduisant : il modifierait de beaucoup les rapports de force et pourrait permettre un rééquilibrage de beaucoup de choses.

- Je comprends que ta réflexion vise un changement profond. Tu l'évoques dans un post précédent : réduction du temps de travail et revenu inconditionnel. Je te rejoins. Ta réflexion est à entendre dans un cadre plus général d'un changement de société, ce sont les aspects qui n'apparaissaient pas sur Twitter. Que le changement ne concerne pas qu'internet (et pas seulement la question des échanges non marchands). Sur ça je te suis.

- Je n'ai d'a priori contre aucune piste concernant le financement de la création, du moment que les créateurs sont rémunérés correctement, et équitablement. C'est le point clé.

- Sur twitter, tu te demandais si auteur devait être un métier. Tu disais que parents n'était pas un métier, alors pourquoi auteur ?
Bon, quand même, c'était violent.
Voilà pourquoi.
Les écrivains et artistes rapportent de l'argent, ils payent des impôts, beaucoup de jobs dépendent d'eux, et surtout tu imagines internet sans livres, sans séries, sans films, sans musiques ? Google, la deuxième entreprise la plus riche et puissante au monde, tire aussi sa richesse du travail des artistes et des auteurs. Mais elle contribue peu à financer les créateurs. Et pire encore : elle échappe à des taux d'imposition qui sont ceux de n'importe quelle PME. Les impôts sont un outil démocratique. Ils devraient être sensiblement plus élevé à l'égard d'un certain nombre d'acteurs/entreprises numériques (ou pas numériques, d'ailleurs).

Certes peu d'auteurs vivent professionnellement de leur art. Mais c'est le cas des grands cuisiniers aussi, non ? Des sportifs, des mathématiciens, des journalistes, des inventeurs, de programmeurs etc. Si comme condition de validité d'une profession, on choisit le nombre, alors bcp de professions disparaîtront.

Savoir si un auteur est un métier est une constatation :
Regarde ta bibliothèque, ta vidéothèque, ta discothèque, tes livres d'art. Je fais le pari que la plupart des auteurs/artistes que tu aimes sont des professionnels. Ils vivaient de leur art. C'était leur métier. Prenons un exemple connu : David Simon créateur de The Wire. Ancien journaliste, écrivain à plein temps, scénariste. Pendant un moment il a cumulé deux métiers (journaliste et écrivain), mais sa grande œuvre est une œuvre créé par la liberté que permet le plein temps. La création demande du temps. Ensuite c'est une question de choix de civilisation.
Il y a bien sûr des contre-exemples à ce que je dis : de nombreux artistes/écrivains avaient un boulot alimentaire. Mais ils s'épuisaient et devaient sacrifier leur sommeil, leur vie amicale ou amoureuse (ou de famille). Ce n'est pas un exemple enviable.

J'ai l'impression que cette volonté de ne pas considérer l'aspect professionnel du travail des artistes tient à deux choses :
un vieux fond catholique toujours bien présent en France particulièrement (qui touche aussi les athées) : le travail est lié au labeur, à la contrainte, ou même à la souffrance. L'idée qu'un métier puisse être une passion heurte un cliché culturel.
C'est un discours qu'on retrouve chez des producteurs de Jazz dans les années 50 tiens : ils disaient aux musiciens que la musique n'était pas un métier, qu'ils feraient mieux de donner des cours, d'avoir un autre boulot. Soyons clairs : pour eux c'était un moyen d'empêcher les artistes de demander plus d'argent.

L'autre aspect est que beaucoup de gens écrivent, font de la musique, peignent etc, ou on envie de créer, et qu'il y a une jalousie à l'égard de ceux qui vivent de leur création. C'est un peu comme ces salariés du privé qui veulent la fin des "acquis" (ils disent "privilèges") de certains fonctionnaires, car eux-mêmes n'y ont pas le droit. (ou voir exemple récent des intermittents et la jalousie que ça déclenche).
Je ne dis pas que c'est ton cas, mais je trouve parfois une absence de bienveillance à l'égard des artistes/auteurs. Quelque chose d'un peu aigre et méchant. C'est problématique, d'autant plus que ce n'est jamais analysé.

-In fine, le cas des artistes n'est pas différent de celui de pas mal de précaires et freelance. C'est un problème social général.

- On est d'accord sur pas mal de choses je crois. Ce qui nous sépare sans doute c'est notre position. Tu parles de changements futurs, et je pense que les artistes/auteurs sont dans des situations difficiles aujourd'hui, ils se sentent peu soutenus, peu compris, et ils sont pris par l'urgence. Je ne vois pas beaucoup de gens les soutenir.
Parlez aux artistes et aux écrivains :-) C'est une erreur je pense que de les attaquer -ils sont déjà dans des situations difficiles. On a des choses à défendre ensemble. Et si on pouvait éviter l'égalité : ayants-droits/industries culturelles=artistes/auteurs.

Ceci dit dans ton article tu as un réel souci pour les artistes/auteurs.

Oui clairement Twitter n'est pas adapté pour aller plus loin que des petites phrases, des vannes et des échanges minimalistes (plus de la veille et diffusion de liens). Impossible de faire passer de la nuance ou un raisonnement complet dans des tweets, on est forcé de sabrer et d'aller au plus concis, sacrifiant le reste (et quand la forme prend le pas sur le fond, c'est rarement bon signe). De plus comme tous les messages sont courts, ça va vite et on se sent obligé d'aller vite aussi. Pour avoir beaucoup pratiqué les forums de discussions à une époque, je dirais que Twitter c'est tous les inconvénients combinés du forum et de la conversation orale mais avec très peu d'avantages (le principal restant la diversité des interlocuteurs et la plus grand facilité de tomber par hasard dans une conversation).

Et effectivement on est d'accord sur de nombreux points ^^

J’ai l’impression que cette volonté de ne pas considérer l’aspect professionnel du travail des artistes tient à deux choses : [...]
C'est sans doute le cas pour d'autres mais pas en ce qui me concerne.

Je n'envisage pas de faire un métier qui ne soit pas enrichissant sur d'autres plans que juste financier et dans lequel je n'éprouverais pas un minimum de plaisir. En l'occurrence le métier de développeur me plait à plusieurs niveaux et entre autres parce qu'il comble en partie mon besoin de créer (même si ce n'est pas artistique). D'ailleurs il est clair pour moi que si je pouvais me passer d'un travail rémunéré, je continuerais à développer. Sans doute pas à temps plein parce que je suis un peu trop "touche à tout" pour rester durablement sur un même domaine : pendant mes années de collège/lycée je dessinait énormément puis ça s'est tassé, remplacé par du traitement d'images à l'ordinateur et de l'écriture qui eux-mêmes se sont tassés après mes études dans la mesure où mon boulot remplissait en partie ce besoin. Mais je reviens périodiquement à tout ça (cf par exemple mes mini-BD publiées ici ^^ Dont la dernière commence à dater, il faudrait que j'en refasse). Quand aux métiers qui sont de pures charges qui n'intéressent personne il faut d'urgence arriver à les automatiser pour qu'on n'ait plus à les faire (ou les supprimer quand c'est possible et je suis sûr que dans certains cas ça l'est), ainsi on pourra continuer à réduire le temps de travail, ce qui laissera plus de temps à tout le monde pour des activité non lucratives.

Quand aux prétendus "privilèges" des intermittents ou des fonctionnaires, c'est une bonne blague qui se résume assez bien par un Tweet que j'ai lu y a quelques temps et qui disait en substance (à défaut de pouvoir le citer puisqu'il est impossible de rechercher dans ses Tweets favoris :blase: ) : c'est l'histoire d'un banquier, d'un rom et d'un électeur du FN. Il y a douze cookies sur la table. Le banquier en prend onze et dit à l'électeur du FN : "fais gaffe, le rom va te piquer ton cookie !". Tu changes les noms et t'as la même chose pour les quelques catégories professionnelles qui ont encore quelques acquis de plus qui leur permettent (au moins dans l'imaginaire des gens) de surnager par rapport à la masse. Et comme chacun défend son cas particulier plutôt qu'un changement global, ça attise juste les rivalités, ce qui permet à l'oligarchie aux pouvoirs de continuer tranquillou à creuser les inégalités en sa faveur en siphonnant une part toujours plus grande des richesses produites.

Non, pour moi ce qui pousserait dans le sens d'extraire l'art du contexte métier ce serait plutôt de l'extraire du contexte commercial et de réduire un peu la perversion mercantile qui est tout de même très sensible au moins chez les artistes qui tiennent le devant de la scène (c'est à dire ceux qui gagnent assez pour faire plus que vivoter de leur art... quoique souvent pas longtemps parce que du coup ils sont largement interchangeables, c'est la recette commerciale qui prime). En gros pour moi l'art devrait être essentiellement une forme d'expression et de création, plus qu'un moyen de faire du fric. Or avec une réduction du temps de travail vers 3-4 jours à terme (en automatisant au maximum ce qui peut l'être, en arrêtant de se focaliser sur l'idée stupide de créer des emplois et en surconsommant un peu moins c'est largement envisageable d'aller plus loin que la semaine de 4 jours préconisée par certains), on augmente largement le temps libre et ça devient de plus en plus réaliste de combiner l'art avec un autre métier. Et on arrive au dernier point qui me semble intéressant : cet autre métier constitue une ouverture qui peut enrichir l'art justement. Par exemple mes petites BD que j'évoquais plus haut ou le génial Commit Strip qui m'en a en partie donné l'idée sont pour la plupart issues d’anecdotes de bureau et de développeur, chose que quelqu'un qui ne baigne pas dedans ne pourrait pas faire.

Après il y a aussi des inconvénients non-négligeables : sortir des albums de BD à un rythme raisonnable pour le lecteur ça nécessite un plein temps (et même plusieurs, les mangakas ont en général des assistants à temps plein par exemple), tourner un film ça doit être vachement plus compliqué si tout le monde doit jongler avec un autre boulot, etc. Comme dit j'ai toujours un avis mitigé là dessus et pas encore une vision claire sur ce point : ça ne fait pas très longtemps que je me suis posé cette question et je n'ai rien lu ou presque qui l'aborde réellement pour confronter et faire avancer ma réflexion, du coup ça avance lentement ^^

Mais globalement je me forge un avis de plus en plus négatif sur l'omniprésence de l'argent, du commerce et de la propriété, donc je n'hésite pas à me demander quand il y a lieu si leur influence est objectivement justifiée et nécessaire ou s'il y a moyen dans certains domaines de la réduire voire de s'en passer.

- On est d’accord sur pas mal de choses je crois. Ce qui nous sépare sans doute c’est notre position. Tu parles de changements futurs, et je pense que les artistes/auteurs sont dans des situations difficiles aujourd’hui, ils se sentent peu soutenus, peu compris, et ils sont pris par l’urgence. Je ne vois pas beaucoup de gens les soutenir.
Parlez aux artistes et aux écrivains :-) C’est une erreur je pense que de les attaquer -ils sont déjà dans des situations difficiles. On a des choses à défendre ensemble. Et si on pouvait éviter l’égalité : ayants-droits/industries culturelles=artistes/auteurs.
J'ai pas le sentiment de les attaquer (après entre ce qu'on veut dire et ce qui est perçu il y a souvent un monde...). Ma démarche de réflexion (facilitée par ma position sans doute privilégiée par rapport à d'autres puisque j'ai un salaire qui me permet de vivre tout à fait convenablement) c'est de tenter de prendre les choses un peu plus globalement plutôt que de me focaliser sur un domaine. Même s'il est vrai que mes derniers billets répondant directement à des conversations sur le domaine des artistes, ils sont un peu centrés là dessus. Et pire, ils répondent à des propos d'artistes ou de personnes du domaine, donc forcément divergent (sans quoi un bête "+1" ou un retweet suffirait :p ). C'était d'ailleurs pour un peu diversifier mes sources de réflexion que j'ai commencé à suivre quelques auteurs abordant ces sujets (comme Neil Jomunsi ou Thierry Crouzet, entre autres) ^^ Calimaq, un des premiers qui m'ait fait m'intéresser sérieusement au sujet, dit plein de trucs intéressants mais ça reste du point de vue bibliothécaire/juriste, donc forcément orienté dans une direction.

Après ça ne reste que ma réflexion personnelle (que je n'ai entamée plus ou moins sérieusement que récemment, ça fait peu de temps que je lis des choses sur ces sujets), même si je commence un peu à essayer de la formuler parce qu'à un moment c'est nécessaire à la fois pour clarifier ses idées et les confronter un peu pour les affiner (lire seulement n'est pas toujours aussi efficace).

Merci pour tes précisions.
À la fin de ton post tu écris : "après entre ce qu’on veut dire et ce qui est perçu il y a souvent un monde".
Très juste. Donc sorry si parfois je vais vite.
Mon dernier livre vient d'être massacré au masque et la plume justement sur cette question de métier, donc le sujet est sensible pour moi :)
Oui j'ai vu tes bd, continue ! Et tant mieux si ton métier te plaît. C'est rare on dirait.
Il reste qu'on n'est pas d'accord sur certains points.

"extraire l’art du contexte métier ce serait plutôt de l’extraire du contexte commercial et de réduire un peu la perversion mercantile qui est tout de même très sensible au moins chez les artistes qui tiennent le devant de la scène"

Je ne partage pas ton analyse : regarde l'histoire de l'art, de nombreux artistes ont crée dans un contexte commercial. L'histoire de l'art est l'histoire des moyens mis en œuvre par les artistes pour survivre. De nombreux peintres vivaient de commandes à la Renaissance par exemple. L'argent public induit d'autres problèmes, d'autres censures (on le voit dans le théâtre contemporain en France par exemple). A mon avis tu déplacerais le pb. Il faut plutôt permettre aux artistes de vivre par une conjonction de moyens différents (et déjà des conditions équitables ça serait bien...), pour ne pas être dépendants. Mais encore une fois : tu raisonnes dans le cadre d'une société entièrement et positivement transformée je pense. Et je parle du présent.
Ensuite pour savoir ce qu'est un métier, il suffit d'ouvrir un dictionnaire. Je ne comprends pas pourquoi ce point est polémique...
Et vraiment "perversion mercantile", c'est si loin de la vie de 99% des écrivains et artistes qui vivent de leur art...

"ceux qui gagnent assez pour faire plus que vivoter de leur art… quoique souvent pas longtemps parce que du coup ils sont largement interchangeables, c’est la recette commerciale qui prime"
>>>> Je ne suis vraiment pas d'accord avec cette phrase. David Bowie interchangeable ? Vraiment pas d'accord. Je suis ok pour dire que le succès commercial n'est pas signe de génie, mais ce n'est pas non plus signe de manque de génie.

"En gros pour moi l’art devrait être essentiellement une forme d’expression et de création, plus qu’un moyen de faire du fric."

>>>> Et pas être prof ? Et médecin ? Et flic ? Tous ces gens se font du fric aussi d'une certaine façon, non ? Tu ne crois que flic par exemple ça devrait l'expression avant tout du désir de servir les autres, de protéger les plus faibles ? Ou prof le désir d'éduquer, d'aider les jeunes gens à se réaliser, transmettre ? Et pourtant personne ne leur reproche de gagner de l'argent. Et je te fais le pari que si prof ou flic ne sont plus payés, alors plus grand monde ne fera ces métiers. Et ça ne sera pas un manque de noblesse de leur part.
Je pense que le moteur du désir de reconnaissance des artistes n'est pas plus noble que le moteur financier. Et puis je ne connais aucun artiste qui pense "faire du fric". Mais des artistes qui vivent leur art comme un mode d'expression et qui trouvent normal d'être payé pour ça. Il n'y a pas d'un côté la pureté de l'art et de l'autre l'impureté de l'argent. Sinon il faut généraliser et dire qu'aucune profession ne devrait être liée à l'argent. Là ça me va. Ce régime spécial uniquement réservé aux artistes est incompréhensible. Nous ne sommes pas différents.
Ma position est simple : je ne considère pas que les artistes ont un statut supérieur/différent aux/des autres. D'ailleurs je connais un prof, un avocat etc, qui sont des artistes dans leur métier (pour lequel ils sont payés sans que ça remette en cause leur éthique).
Tu sais je n'ai pas l'impression de "faire du fric". Mes droits d'auteur me rapportent de quoi payer mes factures et d'offrir des fleurs à ma copine :) Ce n'est pas honteux. C'est une illusion de penser qu'un artiste/écrivain va changer sa manière de créer pour s'attirer un plus grand succès. On ne peut pas décider d'être Guillaume Musso, on ne peut pas décider d'être autre chose que soi.

Je ne veux pas d'un autre métier en plus. J'écris à plein temps. J'ai déjà l'impression de faire plusieurs métiers : j'écris pour les adultes, pour les enfants, j'ai fait une bd, j'écris des articles, j'écris parfois des textes pour la radio, je joue de la guitare etc... Ensuite, ok pour la réduction du temps de travail. Ok pour la liberté pour chacun. Mais artiste n'est pas un truc "en plus" par défaut. C'est le premier choix de certains.

"globalement je me forge un avis de plus en plus négatif sur l’omniprésence de l’argent, du commerce et de la propriété"
>>> Je suis bien d'accord avec toi, mais alors ne nous focalisons pas sur les artistes, sinon on a l'impression qu'on remet en cause des droits qu'on a arraché de haute lutte.
Si tu me dis "je suis contre une société de l'argent, on ne devrait pas avoir à gagner de l'argent pour vivre, ce monde capitaliste est un gros problème" je suis d'accord. Mais si tu me dis "l'art ne devrait pas avoir à faire avec l'argent au sein d'une société qui est fondée sur l'argent", je ne suis pas d'accord. Je te propose encore une fois le test de la bibliothèque/discothèque/vidéothèque : la plupart des œuvres que tu as et que tu aimes sont sans doute issues d'artistes payés (et j'imagine parfois à succès).
En effet, Calimaq a un point de vue intéressant, passionnant, il défriche des choses importantes, mais comme tu le dis c'est le pt de vue d'un bibliothécaire qui gagne correctement sa vie et est payé tous les mois. Et je trouve que son rapport aux artistes est complexe.
En tout cas, cool que tu discutes avec des artistes/écrivains, j'espère qu'apprendre à les connaître et à connaître leurs conditions de vie et de travail t'intéressera. De mon côté, j'ai lu des billets de ton blog et (sauf sur la question du livre papier), je suis un peu perdu mais j'attrape des choses au passage.
J'ai essayé de ne pas travestir tes idées en y répondant, désolé si tu trouves que j'ai parfois été caricatural. Les échanges surtout via le net sont en effet propices aux malentendus (alors que tout est tellement plus simple dans le monde physique... ahah ).
Bonne route,
Martin

Très juste. Donc sorry si parfois je vais vite.
Moi aussi je vais vite et c'est pas toujours évident de bien penser à tout le contexte à préciser pour que ce soit clair (c'est toujours plus clair pour soi-même avec tout le cheminement qui y a mené).

Donc oui, on se place à un niveau différent. Ma question est bien à la fois de résoudre le problème des artistes ET de résoudre les problèmes de libertés qui sont directement engendrés par le modèle actuels (c'est bien cette seconde partie qui m'a amené à me poser ces questions). Or on peut résoudre ou du moins réduire le premier avec des ajustements mais le second ça me semble extrêmement difficile. La légalisation du partage nécessaire pour sortir de la spirale actuelle implique un changement d'une partie du modèle puisque ça réduit de beaucoup à terme le modèle de la vente d'exemplaire.

Je vais prendre l'analogie avec un logiciel (parce que fondamentalement c'est très proche, sauf que sur un logiciel le cycle de vie d'une version majeure est vachement plus court, c'est donc bien plus facile d'observer ce que ça donne) : tout le temps qu'on passe à patcher un logiciel avant d'attaquer la nouvelle version finit par être perdu lorsque tu passes à celle-ci. Tu auras certes amélioré la situation en attendant mais le problème c'est qu'il y aura toujours un cas particulier urgent à traiter qui fera repousser la refonte globale qui finalement ne se fera pas. Sauf qu'à force de patcher ou quand l'ensemble est mauvais dans ses bases (et je suis convaincu qu'il l'est au vu des évolutions techniques et l'avènement de la duplication à coût négligeable) on peut patcher tant qu'on veut on ne résoudra pas le fond, on ne fera qu'une usine à gaz de plus en plus instable. En général un logiciel qui met trop de temps à envisager sa refonte finit par être supplanté par un autre.

Là dans notre cas c'est pire : quand le système finira par s'effondrer ce sera trop tard pour penser à une transition en douceur. On pourra pas juste installer le système du voisin vu que c'est le même. Il me semble donc nécessaire de penser prioritairement à préciser ce que doit être le nouveau système. Cela n'a pas été fait depuis plus de 15 ans que le problème lié au numérique devient visible. D'abord on a eu une grosse opération autruche de toute l'industrie "culturalo-divertissante" puis de tentatives de verrouiller les choses pour préserver les modèles passés, tout en les patchant un peu. Mais ça ne résoudra rien.

Y a quelques temps dans Place de la toile (émission de France Culture sur le numérique), l'invité (je ne sais plus qui c'était mais c'était par contre) disait encore que le piratage tout ça ça ne durerait pas éternellement et que ça finirait par être "résolu". En entendant ça, je me suis dit que soit il avait tort, soit on était bon pour une société totalitaire, je vois difficilement d'autre solution.

Cela dit, j'ai un poil digressé, là :euh:

Tout ça pour dire qu'effectivement, la plupart des artistes actuellement font ça comme leur métier. En l'état actuel c'est nécessaire que ça le soit, y a pas à discuter, toute la société est tournée pour. Mon interrogation est plus dans la projection sur ce que ça donnerait si avoir un métier n'était soit plus une quasi-obligation (cas d'un revenu de base élevé en gros), soit ne prenait plus une aussi grosse part du temps disponible (RTT). C'est dans ce cadre que la question a un sens parce que les conditions seraient alors réunies pour que ce ne soit potentiellement plus un métier.

Maintenant effectivement tes arguments sont bons : c'est difficile comme toujours de tracer la ligne de démarcation. Actuellement ce qui est fait pour soi ou ses proches n'en est pas, ce qui est fait pour d'autres l'est (sauf si on choisit de le faire bénévolement), en gros c'est ça la séparation. Quand je fais le ménage chez moi c'est sans valeur économique, quand quelqu'un le fait pour moi je dois le payer et d'un coup ça en a. Intuitivement je perçois l'art comme étant assez tangent parce qu'a mon sens c'est le contexte qui a le plus les pieds dans les deux catégories (en penchant plus ou moins dans un sens ou l'autre selon les personnes). Mais c'est pas forcément le seul et ça dépend vraiment des gens, donc c'est pas évident.

Sur les "artistes" interchangeable, c'était surtout pour ceux qui justement sont essentiellement des constructions marketing et qui occupent pas mal d'espace mais en général de courte durée sur des effets de mode, cela ne concerne évidemment pas tous les artistes à succès, loin de là et heureusement (ma formulation n'était pas terrible sur ce coup là) ^^ Mais ces constructions marketing conçues pour faire de l'argent vite et à court terme n'ont de sens que parce qu'il y a un marché. Maintenant je surestime peut-être la chose, c'est pas exclus du tout.

Je suis bien d’accord avec toi, mais alors ne nous focalisons pas sur les artistes, sinon on a l’impression qu’on remet en cause des droits qu’on a arraché de haute lutte.
Si tu me dis “je suis contre une société de l’argent, on ne devrait pas avoir à gagner de l’argent pour vivre, ce monde capitaliste est un gros problème” je suis d’accord.
Comme dit plus tôt on se focalise sur les artistes parce que cet article faisait suite à un article focalisé là dessus mais effectivement il faut replacer le tout dans un contexte global.

Perso mon cheminement sur ce sujet a été pour résumer :
- problèmes sur les libertés (HADOPI, etc) avec comme prétexte entre autres les intérêt des industries culturelles/divertissement
- du coup besoin de changer le modèle ce qui ne va pas sans trouver une contrepartie pour financer la création
- raccrochage de wagon avec d'autres réflexions plus globale sur l'argent, la propriété, etc (qui elles partaient de réflexions sur les institutions politiques d'une part et sur la situation économique actuelle d'autre part... Comme dans Lost, tout est lié :D )
Ce qui donne mes idées et interrogations actuelles mais nul doute que ça évoluera encore au fur et à mesure de mes lectures et discussion ^^ (surtout lectures parce que je ne suis pas vraiment un boulimique de la discussion, euphémisme :rolleyes: )

Merci pour tes réponses.
Si tu n'as pas lu, je te conseille ça (ça reprend Crouzet et Lanier) :
http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/24/les-machines-feront-tous-intermittents-253157